Durant l'introduction, j'ai eu la mauvaise surprise de lire une liste de constatations plus ou moins objectives et plus ou moins aiguisées mais surtout, une liste sans arguments. Néanmoins, en 13 chapitres, François Bayrou se rattrape bien et parvient à s'opposer à la politique de Nicolas Sarkozy en étayant ces critiques et analyses. Ce livre tient une place à part dans le sens ou son auteur ne se contente pas d'être un opposant automatique. C'est l'une des rares fois ou, un personnage politique explique précisément son point de vue négatif concernant la politique menée pas le président de la république.
La deuxième impression qui me vient à la suite de la lecture de ce livre est que les propositions faites par le président du MoDem sont présentes mais ne sont pas dégoulinantes. Deux raisons principales à cela: premièrement, la principale proposition qui est faite correspond au fil rouge de ce livre qui est de ne pas faire et de ne pas se comporter comme les faits dénoncés. Deuxièmement, la partie où François Bayrou nous livre ses idées est certes succincte (9 pages sur 261), mais elle se contente simplement de répondre aux lièvres levés dans le reste du livre.
Néanmoins, un passage m'a laissé un goût amer, celui concernant Alain Minc . Durant une trop longue partie, l'auteur règle ces comptes avec ce dernier. Non pas que cette empoignade soit illégitime ou inappropriée mais, je pense qu'elle est déplacée dans le contexte qui est construit par cet ouvrage. Certes, ce livre est avant tout celui d'un homme avec tous les sentiments et ressentis qui sont les siens mais, je pense qu'une place moins importante aurait permis un effet égal voir meilleur.
Enfin, j'aimerai comprendre la raison pour laquelle François Bayrou nous parle de psychanalyse. En effet, régulièrement et par petites brides, l'auteur nous apporte des références qui ont raisonnées positivement durant ma lecture étant donné que je suis sensibilisé à cette approche. Si quelqu'un a une réponse à m'apporter, je suis preneur!
Pour terminer ce billet, je vous livre les passages qui m'ont le plus touchés:
« l'Europe, [..]ce n'est pas l'étranger. C'est un autre visage de nous-mêmes. »
« Étatistes socialistes, libéraux, démocrates. Mais tous partageais la même conviction: quand nous serions plus riches, le monde serait plus juste. »
En parlant du capitalisme et de l'humanisme: « L'un est la civilisation du verbe avoir. L'autre est la civilisation du verbe être. »
En parlant de l'affaire Tapie, une belle illustration que la forme peut servir à merveille le fond: « Mais quelque chose me dit quand même temps que contraint, je le crois, Nicolas Sarkozy ne devait pas être complètement mécontent de faire ainsi la nique au droit et au sens civique. »
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