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Cadeaux fiscaux en 2008 : taxation de l’épargne en 2009
Emmanuel Molinatti, Président des Jeunes MoDem de la Marne
L’année fiscale 2008 a été marquée par l’application de la loi TEPA, surnommée « paquet fiscal », du 21 août 2007 qui avait pour but de relancer la croissance par une relance du pouvoir d’achat. Cet ensemble de dispositifs fut critiqué dans la mesure où il semble profiter aux contribuables les plus aisés. Rappelons que le « paquet fiscal » a notamment pour conséquence d’alléger les droits de succession, d’instaurer des réductions d’impôt relatifs à l’ISF… et ce pour un coût, estimé par la ministre de l’économie, d’environ 13 milliards d’euros. Un coût exorbitant susceptible d’accroître le déficit de la France selon le rapporteur UMP du budget à l’Assemblée nationale, Gilles Carrez. Au terme de l’année 2008, chacun notera que le déficit de la France progresse contrairement à la croissance et au pouvoir d’achat. Bien sûr, la crise financière pourrait expliquer en partie cette situation.
Malgré la crise internationale qui tend à remettre en cause les postulats de l’argent-roi et du « bling-bling », l’année 2009 ne sera pas marquée par la fin des « parachutes dorés » et des niches fiscales qui coûteraient 73 milliards d’euros par an. Au contraire, c’est l’épargne des Français qui sera visé par une taxation à hauteur de 12.1% des revenus fonciers, assurance-vie… L’épargne donc, mais également la demi-part fiscale réservée à une personne seule qui a élevé un enfant. Outre ces mesures gouvernementales, chaque contribuable peut également craindre une augmentation de ses impôts locaux (+3.33% de mai 2007 à mai 2008). Bref en 2009, il est peu probable que la loi TEPA porte ses fruits : relancer la croissance par une relance du pouvoir d’achat.
En conclusion, si en 2008 une minorité de contribuables ont bénéficié du « bouclier fiscal », la majorité des Français constate une baisse du pouvoir d’achat. Et ce alors que le revenu moyen d’un Français est de 847€ par mois. La crise internationale étant, le taux de chômage progressant, il est difficile de croire en une amélioration des conditions de vie de chacun. Il devient donc urgent que le Président de la République soit, lui qui « est si actif en période de crise », réellement le Président du pouvoir d’achat pour tous les Français. Et ce, en allant chercher la croissance, pour reprendre ses mots lors de la campagne présidentielle, avec les dents.