Le leader centriste s'insurge contre la mise en place de ce fichier qui permettra aux renseignements de détenir des informations sur toute personne de plus
de 13 ans "susceptible de porter atteinte à l'ordre public".
Le président du MoDem François Bayrou a annoncé à son tour le dépôt d'un recours contre la création du fichier Edvige (Exploitation
documentaire et valorisation de l'information générale), qui doit permettre aux services de renseignements de collecter des informations sur tous les militants politiques, associatifs ou
syndicaux, et sur toute personne ou groupe "susceptible de porter atteinte à l'ordre public", à partir de l'âge de 13 ans.
Ce fichier "va regrouper toutes les informations confidentielles et personnelles sur (...) tous les élus français, quelque soit leur mandat, tous ceux qui l'ont été ou tous ceux qui ont été
candidats à une élection, plus les responsables économiques, syndicaux ou religieux", a détaillé François Bayrou sur Europe-1.
Vie sexuelle, santé, fréquentations
Le fichier doit aussi rassembler les informations "sur leur vie sexuelle, sur leur santé et sur toutes leurs fréquentations".
"Ceci ne peut pas être accepté dans un pays démocratique", a tranché le député des Pyrénées-Atlantiques.
"Je déposerai un recours, comme par ailleurs un certain nombre de mes collègues", a-t-il annoncé. La vice-présidente du MoDem Corinne Lepage a déjà déposé un recours devant le Conseil d'Etat
contre ce fichier. Après de vives critiques et une pétition contre Edvige, un collectif d'associations et de syndicats a lui aussi déposé un recours similaire. (Avec AP)
Source: nouvelobs.com
Voila l'intervention de François Bayrou sur Europe 1 ce matin:
http://www.europe1.fr/Radio/Emissions/Le-Grand-Rendez-Vous-Europe-1-TV-5
L'emmission commence 8 minutes 30 après le début de ce popup.
La décision de la Russie de consacrer l'éclatement de la Georgie, en reconnaissant l'indépendance de
l'Ossétie et de l'Abkhazie est grave et lourde de conséquences. C'est une atteinte directe au droit international et le retour au temps qu'on croyait révolu des affrontements territoriaux, su
base de conflits ethniques, tranchés par la force et l'intimidation. Du Caucase aux Balkans, nous sommes revenus au temps des coups de force. Tout cela sans accord des Nations Unies, dans le plus
total irrespect de la charte qui gouverne le droit des nations, après expulsion de populations, sans consultation loyale et contrôlée des ressortissants. Il n'y a pas de doute que la
reconnaissance d'indépendance du Kosovo, réalisée sous influence américaine d'abord, l'affirmation par Nicolas Sarkozy du droit pour la Russie de « défendre les Russophones », l'absence
de référence dans « l'accord » en six points proposé par la France à l'intégrité territoriale de la Georgie, ont donné matière au coup de force russe. L'Europe se trouve devant une bien
grande responsabilité : ne pas céder aux intimidations, ne pas courber le dos, défendre les pays qui croyaient avoir recouvré leur liberté, autrement dit exister politiquement, ne pas
accepter le fait accompli, alors même que le déséquilibre des forces rend la confrontation impossible.
François Bayrou
Dans un article du Figaro du 08 août 2008, François Bayrou nous explique ses projets et sa vision des futures élections européennes.Mes meilleurs
passages:
«Je vais écrire un livre politique sur la question qui se pose aujourd'hui à la France : Qu'est-ce qui se passe vraiment, qu'est-ce qui est
dissimulé derrière ce brouillard d'activisme ? Bref, où va-t-on ?»
«Être digne de son destin»
Les épreuves traversées devraient nourrir les réflexions du président du MoDem pendant ses deux ou trois semaines de repos passées loin de la capitale.
L'occasion, aussi, sans doute, de peaufiner sa stratégie pour imposer son nouveau parti comme la troisième force politique française. Un rêve ? François Bayrou en est en tout cas
persuadé : il y a en France une place pour un centre fort et indépendant, répète-t-il. Même si, dans un entretien accordé au Figaro début juillet, il expliquait que «pour proposer au pays un
destin autre que celui vers lequel on l'emmène, il faudra des alliances larges». Avec qui ? Les gaullistes et les chiraquiens qui ne se reconnaissent pas dans la présidence Sarkozy,
sûrement. Le PS ? Il ne l'écarte pas. Mais quand ? À l'occasion des prochaines européennes ? Des prochaines régionales ?Pour l'heure, il attend de voir et laisse les
socialistes résoudre leur «problème de projet et de leader». Et continue de se poser en «seul défenseur du pluralisme» en France. «Il n'y a plus désormais qu'un mouvement politique qui soit le
défenseur du pluralisme en France, et c'est ici qu'il se trouve», avait-il lancé devant quelque 1 500 élus et ex-candidats aux municipales du Mouvement démocrate, réunis fin avril à
Paris.
«Repenser» l'Europe
Mais qu'importe ! S'il doit rester seul contre tous, François Bayrou croit ferme en son destin. Et dit attendre beaucoup de la prochaine séquence électorale, les européennes, qui auront
lieu en juin 2009, pour relancer son parti. Ce scrutin, à la proportionnelle, sera peut-être l'occasion de se refaire une santé électorale. Mais également de «repenser» l'idée même de
l'Europe. Début juin, à l'occasion d'une convention consacrée à l'Europe, entouré de six des huit députés européens du MoDem, dont leur chef de file, Marielle de Sarnez, François Bayrou avait
présenté ces élections comme «une échéance de vocation» pour son parti, issu de l'UDF et historiquement engagé en faveur de la construction européenne. Selon le député des Pyrénées-Atlantiques,
«on ne peut plus se contenter de l'invocation de l'idéal européen et de la défense de ce qui est fait. Nous devons mettre devant nous les questions qui ont fait que les peuples se sont éloignés
de l'Union». Un thème qu'il devrait à nouveau développer les 5, 6 et 7 septembre à l'occasion de l'université d'été du MoDem à Cap Estérel (Var). Et où il attend quelque deux mille
«démocrates».
Source: lefigaro.fr
Par Benoît Serriot
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