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Lectures

Mardi 1 septembre 2009





Cet été il y avait du Levy et du Musso sur les plages et les terrasses de cafés. Moi je suis allé plutôt fouiné du côté de Démocratie dans quel état? de G.Agamben, A.Badiou, D.Bensaïd, W.Brown, J-L.Nancy, J.Rancière, K.Ross, S.Zizek. Vaste programme mais surtout tu n'as que ça à faire de tes vacances m'ont dit mes collègues étudiants.

 


Ce recueil de textes de 150 pages est riche. Riche de culture, de concepts, de notions et d'idées. Tellement riche que ce livre est pour moi inabordable. Difficile d'emmener son dictionnaire sur la plage. Encore plus délicat de se réserver un accès internet afin de comprendre toutes les références aux théories philo-psycho-historico-anglo-cocorico-analytiques. Un exemple au hasard page 20:  Ce qui définit l'homme démocratique, éduqué par cette anarchie, c'est qu'il en subjective le principe, celui de la substituabilité de toute chose. Bref que du bonheur!

 

Pour ne pas tomber dans l'anti-X, cette mode qui consiste à préférer être contre plutôt que pour, j'ai trouvé quelques atouts à cet essai. Le seul trait d'humour que j'ai compris du bouquin est dans son titre: démocratie dans quel état?...dans quel État...ou dans quel tas aurait dit Coluche... Deuxième atout, la forme de ce livre. Composé de 8 textes, ce recueil brosse en son sein plusieurs points de vue et manières d'aborder le sujet de la démocratie. C'est assez intéressant de pouvoir remettre en cause presque instantanément, les idées que l'on vient tout juste d'adopter. C'est un bel exercice en tout cas.

 

Pour conclure, et pour être franc, je viens de redécouvrir que le nombre de page d'un livre n'avait rien à voir avec son intensité. Je pense que pour apprécier correctement cet ouvrage, il faut passer quelques heure sur chaque textes. En travaillant ces écrits, je pense pouvoir en tirer les idées et arguments principaux. En tout cas, on ne pourra pas reprocher aux auteurs d'être avares de références. Ce livre est un vrai catalogue! Mes collègues avaient peut être raison, j'aurais sûrement dû lire Levy et Musso pour comprendre le monde...


Benoît Serriot



Démocratie dans quel état?

G.Agamben, A.Badiou, D.Bensaïd, W.Brown, J-L.Nancy, J.Rancière, K.Ross, S.Zizek.

Aux éditions La fabrique

Par Ben
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Vendredi 5 juin 2009
Voilà un nouvel exercice pour moi. Celui de vous livrer mes impressions à la sortie de la lecture d'un livre politique. C'est le premier ouvrage de ce genre que je viens de lire et je dois avouer que mes sentiments sont mitigés. « Abus de pouvoir » de François Bayrou aux éditions Plon est donc l'objet de ce billet.

 

Durant l'introduction, j'ai eu la mauvaise surprise de lire une liste de constatations plus ou moins objectives et plus ou moins aiguisées mais surtout, une liste sans arguments. Néanmoins, en 13 chapitres, François Bayrou se rattrape bien et parvient à s'opposer à la politique de Nicolas Sarkozy en étayant ces critiques et analyses. Ce livre tient une place à part dans le sens ou son auteur ne se contente pas d'être un opposant automatique. C'est l'une des rares fois ou, un personnage politique explique précisément son point de vue négatif concernant la politique menée pas le président de la république.

 

La deuxième impression qui me vient à la suite de la lecture de ce livre est que les propositions faites par le président du MoDem sont présentes mais ne sont pas dégoulinantes. Deux raisons principales à cela: premièrement, la principale proposition qui est faite correspond au fil rouge de ce livre qui est de ne pas faire et de ne pas se comporter comme les faits dénoncés. Deuxièmement, la partie où François Bayrou nous livre ses idées est certes succincte (9 pages sur 261), mais elle se contente simplement de répondre aux lièvres levés dans le reste du livre.

 

Néanmoins, un passage m'a laissé un goût amer, celui concernant Alain Minc . Durant une trop longue partie, l'auteur règle ces comptes avec ce dernier. Non pas que cette empoignade soit illégitime ou inappropriée mais, je pense qu'elle est déplacée dans le contexte qui est construit par cet ouvrage. Certes, ce livre est avant tout celui d'un homme avec tous les sentiments et ressentis qui sont les siens mais, je pense qu'une place moins importante aurait permis un effet égal voir meilleur.

 

Enfin, j'aimerai comprendre la raison pour laquelle François Bayrou nous parle de psychanalyse. En effet, régulièrement et par petites brides, l'auteur nous apporte des références qui ont raisonnées positivement durant ma lecture étant donné que je suis sensibilisé à cette approche. Si quelqu'un a une réponse à m'apporter, je suis preneur!

 

Pour terminer ce billet, je vous livre les passages qui m'ont le plus touchés:

 

« l'Europe, [..]ce n'est pas l'étranger. C'est un autre visage de nous-mêmes. »

 

« Étatistes socialistes, libéraux, démocrates. Mais tous partageais la même conviction: quand nous serions plus riches, le monde serait plus juste. »

 

En parlant du capitalisme et de l'humanisme: « L'un est la civilisation du verbe avoir. L'autre est la civilisation du verbe être. »

En parlant de l'affaire Tapie, une belle illustration que la forme peut servir à merveille le fond: « Mais quelque chose me dit quand même temps que contraint, je le crois, Nicolas Sarkozy ne devait pas être complètement mécontent de faire ainsi la nique au droit et au sens civique. »

 

Par Ben
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